Projet éolien de Séris - Josnes 

 Alerte en Petite Beauce
  • En juin 2019, Tempête en Beauce est alertée : les habitants de Séris, de Josnes et de certaines communes proches ont trouvé dans leurs boîtes aux lettres un document baptisé "lettre d'information sur le projet éolien sur la commune de Séris", diffusé par le promoteur éolien W.E.B Energie du Vent, filiale du groupe autrichien W.E.B  Windenergie AG (voir ici)

    Selon ce document, au demeurant très vague, le promoteur travaillait sur le projet depuis 2018 et avait déjà rencontré le maire et le conseil municipal. Il projettait alors de rencontrer les habitants en porte à porte.

    Le périmètre du projet envisagé s'étendrait de Mer à Josnes ; les éoliennes industrielles auraient 180 mètres de haut (3 fois la hauteur du château de Chambord : voir ici)

    Tempête en Beauce publie aussitôt l'information sur son site et met en garde les habitants. Contrairement au discours du promoteur, les éoliennes industrielles :
    • n'ont strictement aucune utilité pour réduire les émissions de CO2 ni donc pour lutter contre le réchauffement climatique
    • produisent une électricité 2 fois plus chère que le coût moyen de production français et augmentent très fortement la facture énergétique de tous les consommateurs français.
    • ont un fonctionnement intermittent : quand il n'y a pas de vent elles ne produisent rien. Dans notre région elles produisent à peine 23 % du temps.
    • apportent aux communautés de commune des revenus dérisoires compte tenu des inconvénients et des charges qu'elles imposent.
    • enrichissent les actionnaires de leurs promoteurs, souvent étrangers, et quelques proprétaires ou exploitants qui les acceptent sur leurs terres (pour un parc de 8 à 17 éoliennes ils seront moins de 10).
    • amènent de graves nuisances qui seront supportées par tous les habitants. En particulier :
      • bruit obsédant et infrasons générant des troubles de la santé (syndrome éolien)
      • flash lumineux et clignotement nocturne 
      • dévalorisation des habitations de 20 à 30 %
      • atteinte aux activités touristiques
    • ne sont pas écologiques : elles tuent des oiseaux et des chyroptères protégés ; elles contiennent d'énormes quantités de matériaux polluants ; leur démantèlement sera terriblement coûteux.
    • laissent à nos enfants le coût du démantèlement : une éolienne ne vit pas plus de 20 ans et la somme provisionnée par les promoteurs (50 000 euros) est dérisoire par rapport au coût réel du démantèlement (300 à 400 000 euros par éolienne). En cas de défaut du promoteur, la charge du démantèlement revient au propriétaire terrien.
Silence radio
  • Après cela, le promoteur ne fournit plus aucune information aux habitants pendant 15 mois.

    Il ne reste cependant pas inactif et organise pendant ce temps 120 entretiens individuels, sans doute avec des habitants bien choisis et vraisemblablement pour tenter de signer des promesses de bail, bien sûr à l’insu des habitants.

    Comme toujours, le promoteur tente donc de développer le projet dans la plus grande discrétion, cherchant au maximum à prendre les habitants par surprise et à les mettre devant le fait accompli.

Les habitants réagissent et s'organisent
  • Le 29 septembre 2020, le promoteur organise enfin une réunion publique, réunion qui fut un véritable simulacre de concertation :
    • Si le promoteur était présent, c’est en fait le cabinet de conseil Mazars qui a mené la réunion
    • La consultante du cabinet Mazars a commencé par dérouler une « présentation des perceptions » (sic) évidemment favorable au projet. Comment le cabinet Mazars pouvait-il prétendre connaître les perceptions des habitants, alors que le projet n’était pas public et qu’il n’avait rencontré que des habitants choisis par lui ?
    • Un échange avec les participants a suivi, au cours duquel aucune réponse n’a été apportée aux très nombreuses objections, la représentante de Mazars ayant essentiellement rabâché les arguments lénifiants et mensongers sur l’éolien.
    • Le compte rendu de la réunion diffusé par Mazars sur le site du promoteur (voir ici) est un modèle d’enfumage : il ne relate en rien les échanges et les très nombreuseuses objections faites par les participants

  • Par l’intermédiaire de Mazars, le promoteur propose ensuite aux habitants des ateliers de co-construction, afin de « Travailler ensemble certains éléments de ce projet afin qu’il réponde au mieux à vos attentes et soit au plus grand bénéfice de votre territoire. ».

    Le promoteur autrichien agit donc comme si le principe du projet était accepté par les habitants et qu’il ne restait qu'à en discuter les détails !
  • Loin de décourager les habitants, ce déni de démocratie les mobilise au contraire : réunis dans un collectif commun aux communes de Josnes et Séris, ils ne ménagent pas leur peine :

    • information de tous sur les nuisances du projet d'aérogénérateurs industriels, sur leur inutilité dans la lutte contre le réchauffement climatique et sur la réalité de leurs objectifs purement financiers. Large diffusion d'un tract (voir ici).
    • envoi d'un courrier à  de nombreux organismes et associations concernés par les nuisances liées aux parcs éoliens ou soucieux de la défense de la nature, de l'environnement, de la biodiversité et du patrimoine :  domaine de Chambord, château de Talcy, base aérienne de BRICY, DIRCAM (DIRection de la Circulation Aérienne Militaire), Fédération de chasse,  : CDPNE (Comité Départemental de la Protection de la Nature et de l’Environnement), LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), etc.
    • interpellation de nombreux élus locaux et nationaux qui ont tous prêté une oreille attentive à l'inquiétude des habitants ; plusieurs d'entre eux, en particulier le Sénateur Jean Marie Janssens et le député Pascal Brindeau, ont écrit au Préfet pour souligner les inconvénients et les risques du projet.
  • Le 26 novembre 2020, la Nouvelle République publie un article rendant compte de la mobilisation des habitants contre le projet : Loir-et-Cher : le projet d'éoliennes à Séris et Josnes, un "sujet sensible" (voir ici)

Votes des conseils municipaux et abandon du projet
  • Les 27 novembre 2020 et 7 décembre 2020, les conseils municipaux des deux communes se sont réunis  pour délibérer sur le projet ; la réponse est claire et sans appel : c'est non au projet par 10 voix contre 3 à Josnes et 7 voix contre 2 à Séris.

  • Le 18 décembre 2020, constatant son rejet unanime, le promoteur annonce l'abandon du projet (voir ici)

Vigilance
  • Une fois encore, comme à Cravant, à la Chapelle Saint Martin et à Villexanton, la mobilisation immédiate et massive des habitants et leur détermination ont permis d'empêcher le projet de se réaliser.

  • A contrario, l'exemple de la Beauce la Romaine montre, hélas, qu'une mobilisation trop tardive et, surtout, l'acceptation d'un premier parc de quelques mats conduit, par un mécanisme terrible mais inéluctable, à l'encerclement total des habitants par des dizaines d'aérogénérateurs industriels de plus en plus hauts et à une dégradation quasi irréversible de leur qualité de vie, de leur environnement ainsi qu'à une dévalorisation de leur patrimoine immobilier (voir ici).

  • La vigilance et la mobilisation restent cependant de mise, car rien n’est jamais acquis : les règles peuvent changer, les décisions aussi, de nouveaux projets peuvent émerger...